Quoi de neuf dans le monde ?
La Cnil obtient la première condamnation du SPAM
Le gérant de la société ABS écope de 3 000 euros d'amende après
avoir été relaxé en première instance en décembre. La cour a reconnu
la collecte d'adresses déloyale.
Arnaud Devillard , 01net., le 27/05/2005 à 18h07
C'était la grande déception de la Commission nationale de l'informatique
et des libertés : la seule société poursuivie en justice à la suite
de l'opération « boîte à spam » de la Commission, Alliance Bureautique
Service, avait été relaxée, le 7 décembre dernier, par le tribunal
de grande instance de Paris. Le parquet a fait appel. Et cette fois,
le gérant d'ABS a été condamné. Le 18 mai, il a écopé de 3 000 euros
d'amende.
A l'origine, la Cnil dénonçait deux faits dans le dossier qu'elle
a transmis au parquet. Une collecte déloyale de données nominatives
(ABS utilisait des logiciels aspirateurs d'adresses) et un problème
de respect du droit d'opposition (le lien fourni pour ne plus recevoir
de courriels ne fonctionnait pas). Le parquet, qui est ici seul
habilité à porter plainte, n'avait intenté son action que sur la
base de la collecte déloyale. Et le tribunal avait estimé qu'elle
n'était pas constituée.
En appel, la question du droit d'opposition est donc revenue dans
les débats. Pas en tant que telle, mais plutôt pour servir une nouvelle
fois à démontrer le caractère déloyal de la collecte. Car, selon
Benoît Tabaka, juriste au Forum des droits sur l'Internet, « on
ne peut pas reprendre des éléments qui n'étaient pas évoqués la
première fois. On ne peut parler que de ce sur quoi l'affaire a
porté en première instance. » Ainsi, dans l'argumentaire du parquet,
le fait de ne pas permettre aux destinataires de s'opposer à la
réception du courrier et à leur inscription dans les fichiers d'ABS
rendait la collecte déloyale.
ABS est donc la première société condamnée pour spam à la suite
d'une dénonciation de la Cnil. Il reste que l'affaire a commencé
en octobre 2002. Cette décision s'appuie sur une législation dépassée
depuis l'entrée en vigueur de la loi pour la confiance dans l'économie
numérique à l'été 2004. Difficile de savoir si elle peut faire jurisprudence.
Aujourd'hui, par exemple, il faut le consentement préalable des
destinataires pour leur envoyer des e-mails commerciaux. Une société
qui utiliserait les mêmes outils de collecte qu'ABS aurait donc
de grandes chances de les voir jugés illégaux.
Source : 
Un excellent article de Scientific American
Même si je n'ai reçu mon exemplaire d'avril
2004 que très tardivement, il faut féliciter Scientific
American (la meilleure revue scientifique américaine
anglophone) pour un article brillant sur le SPAM, ses implications
et les différentes approches pour s'en débarrasser.
Stopping
SPAM
(in Scientific American
on the web)
Et j'ai le plaisir de préciser que la traduction
en français de cet article est parue dans le numéro
de mai 2005 de Pour
la Science (l'édition française de Scientific
American).
"Halte
au courriel publicitaire"
(dans Pour la Science)
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